« Christ vs Religion » dans l’Eglise…

Dans le premier partage « Christ vs Religion« , c’est évident que l’homme qui essaye d’atteindre Dieu ne connaît pas Jésus Christ. Sinon il arrêterait tous comportements ou lois religieuses pour saisir l’évangile de Christ. Il est « intéressant » de constater où en est notre christianisme. On aurait pu penser que l’homme conscient de l’œuvre de Jésus pour son salut, et de sa relation avec le Père ne tomberait pas dans le piège de la Religion. Et pourtant…

Lorsque nous découvrons et acceptons par révélation, conviction intérieure la Bonne Nouvelle de Christ, cela ne nous viendrait jamais en tête de le mériter. Aucun Homme ne songe à mériter son salut lorsqu’il réalise pleinement la mort expiatoire et la résurrection de notre Sauveur pour nous ! On comprend tellement que ce n’est que Miséricorde de notre Père de nous avoir montré sa Grâce en Jésus Christ, que le mérite perd toute sa place.

1) L’évangile des hommes : Au début la Grâce et après les efforts…

Malheureusement bien souvent il ne s’agit que des débuts du cheminement du chrétien. Assez rapidement il se développe un comportement sincère et honnête de désirer ardemment plaire à Dieu et œuvrer pour Lui. De l’extérieur cela paraît louable d’observer un jeune et un ancien converti déployer toutes leurs forces, leurs volontés, leurs temps pour Dieu. Mais très vite ce qui peut animer les cœurs c’est le mérite et le légalisme. En quelque sorte pour montrer ou prouver à Dieu que ce n’était pas inutile de les avoir amenés à Lui. Et que finalement et peut être secrètement, ils désirent à nouveau « mériter » l’approbation de Dieu. Certes ils sont rentrés par la Porte qui est Jésus Christ et cela par la foi, mais ensuite, pensent ils, à eux de tout faire pour rester sur le chemin…

Cette attitude mélangée d’amour pour Dieu, de recherche de Son approbation, et de compréhension humaine de la vie pour Dieu amènent bien souvent à la frustration, la fatigue, la culpabilité, le manque de confiance et de conviction profonde de l’Amour de Dieu. Ou à l’inverse à l’orgueil, la fierté, la présomption, l’impression d’être « l’élu » dans l’équipe divine…au final ce n’est pas l’Esprit de Vie qui produit ces fruits là en nous, mais la religiosité. Notre chair est religieuse par nature, elle voudra toujours mériter et faire. Bien souvent nous venons à confondre la manifestation de notre chair religieuse zélée et la Vie de l’Esprit. Pourtant la différence n’est pas à prendre à la légère ! Nous pouvons penser que du moment que nous accomplissons le bien, c’est tout ce qui compte pour Dieu. Mais nous ne pouvons pas plus nous tromper qu’en ayant ce raisonnement…

De nos jours la plupart des « églises » sont le produit d’hommes et de femmes honnêtes et sincères dans leur engagement qui travaillent et agissent pour répondre à des besoins. En fait nous pourrions même toujours constater cette dynamique dans les communautés actuelles, à savoir le chrétien acteur, engagé et le chrétien spectateur, passif. Cela créé une sorte d’équilibre religieux entre ceux qui ont des besoins et ceux qui y répondent. Et très généralement les uns comme les autres sont à l’aise dans leurs rôles respectifs. Nous confessons bien rapidement que bibliquement chacun dans le peuple de Dieu est sacrificateur et prêtre cependant en réalité ce n’est pas le cas. Il se révèle toujours une différence implicite entre une sorte de « clergé » et « laïcs ». Et le plus inquiétant c’est que nous pensons que cela est la normalité chrétienne, la vie d’église normale…alors nous mettons en place le pasteur pour écouter les besoins des autres, l’évangéliste pour toucher l’extérieur et assurer le rôle à lui tout seul à la place de l’église entière, l’enseignant pour instruire les autres sur Dieu, le prophète pour transmettre les oracles de Dieu aux autres, l’apôtre pour établir d’autres communautés de croyants ou bien jouer le rôle du pasteur des pasteurs. Et nous créons en plus des groupes de relation d’aide, d’évangélisation, de prophétisme, d’enseignement…etc. Tout cet engrenage est très gourmand en ressources humaines. Et les hommes et femmes qui y participent portent des fardeaux religieux qui pèsent de plus en plus. Et si à un moment donné ils se posent des questions sur le bien fondé d’un tel poids sur leurs épaules, on leur répondra que la persévérance et la fidélité ont un coût, un sacrifice à payer…

2) La spontanéité découle de la Vie, elle n’est pas forcée.

Aujourd’hui les multiples besoins générés dans une « église » ne laissent plus la place à la spontanéité de l’Esprit de Vie produisant en nous ses fruits et ses œuvres en Son temps. Ce sont deux vies opposées, celle de la chair et celle de l’Esprit. La vie de la chair dans un contexte religieux priorisera la réponse aux besoins, alors que la vie de l’Esprit mettra en priorité la volonté du Seigneur.
Lorsque vous lisez l’histoire du ministère de Jésus sur terre, ou bien même des apôtres vous constaterez facilement qu’ils ne sont jamais dirigés en premier pour répondre à un besoin humain. Mais ils sont conduits en premier parce que c’est la volonté du Seigneur et cela entraînera bien souvent la réponse à un besoin particulier. Mais le scénario inverse où le besoin prend la place du Seigneur, est une pensée charnelle et non spirituelle, religieuse et non émanant de la vie de Christ.

En fait on remarquera toujours à travers l’histoire de Jésus, et dans les Actes, que la Vie de Christ manifestée à travers les hommes répond « spontanément » et parfois « inconsciemment » à la volonté du Père. C’est un principe spirituel, seule la Vie de l’Esprit de Christ accomplit l’objectif divin. La vie et la volonté de notre chair prétendent souvent accomplir la volonté divine, mais toujours à travers nos propres moyens, visions, ressources, compétences, opinions, projets, et plannings. Cette dynamique charnelle est d’ailleurs rarement spontanée et inconsciente, car elle est souvent manifestée dans un contexte religieux pendant un temps particulier.

Lorsque Pierre et Jean virent l’estropié devant le temple de Jérusalem, Pierre spontanément l’accoste et lui commande de marcher ! Rien de prévu…Simplement Christ s’était manifesté à travers Pierre, et « a produit en lui le vouloir et le faire ». Lorsque l’Esprit demande à Philippe de s’approcher du chariot de l’éthiopien (Ac 8:29), ce n’était pas dans un cadre précis d’évangélisation, ou dans un contexte organisé. Ou lorsqu’il fut transporté par l’Esprit dans une autre ville, on n’a pas l’impression d’une préparation particulière ou d’une conscience aiguë d’un planning à respecter…

Lorsque Jésus enseignait à ses 12 disciples, son enseignement était rarement transmis dans un même lieu spécifique et à une même heure particulière. On constate simplement qu’à travers les circonstances qu’Il rencontrait, Il en profitait pour transmettre une parabole, un partage, un signe, une révélation, une guérison etc…Par exemple l’enseignement concernant la vigne et les sarments ou la révélation du mystère de son corps qui est le Pain de Vie, ou sa rencontre avec la samaritaine au puits, ou bien la multiplication des pains. La Vie du Père se manifestait spontanément à travers Jésus dans sa vie courante. On ne voit pas une espèce de sphère religieuse dans laquelle Jésus se serait « enfermé », au contraire il la dénonçait chez les pharisiens.

3) Quand la forme extérieure voile la réalité spirituelle.

Aujourd’hui on remarquera rapidement chez un chrétien sa « sphère religieuse » : Son dimanche matin est occupé au culte, ses soirées en semaine sont généralement réservées pour sa communauté (groupe de maison, soirée de prière, soirée de louange, soirée prophétique, soirée d’évangélisation etc…), au fil des années ses amis sont pour la plupart chrétiens, ses cd de musique sont chrétiens, ses livres sont chrétiens etc… Le but n’est pas de condamner toutes ces choses en elles mêmes. Mais il n’empêche que cela créé une sphère religieuse qui nous « isole » du monde, et créé dans notre vie une séparation implicite entre le séculier et le sacré. Cela peut amener d’une manière inconsciente le chrétien à considérer cette sphère religieuse comme seul canal, ou espace où il peut être plus spirituel et toucher les choses de Dieu.

La religion avait déjà conquis le judaïsme pendant le ministère de Jésus sur terre. Les pharisiens se faisaient les protecteurs du système religieux. Lorsque Jesus les confrontait, Il révélait chez eux la présence de l’esprit religieux. Cet esprit religieux est très tenace et sait très bien utiliser et animer notre chair pour nous aveugler et lui devenir fidèle. C’est une réalité terrible mais l’élite religieuse en ce temps là était prête à tout pour préserver leur monopole, leur contrôle, leur position, leur rites, leur Temple. Ce qui provoquait le plus les pharisiens concernait les enseignements de Jésus révélant les réalités spirituelles en Lui. Par exemple lorsqu’Il cita Sa seigneurie sur le sabbat, Son corps qui est le pain de Vie, l’accomplissement de la Loi par sa Venue, la destruction et le relèvement du Temple, Son corps, en 3 jours etc…Toutes ces révélations arrachaient la place à certaines formes de religiosité, comme le respect du jour de sabbat sans rien faire, la quasi idolâtrie de la période mosaïque avec la manne du désert et la Loi, et la fierté du Temple.

4) Les autres, mais certainement pas nous…

A notre époque nous pourrions les montrer du doigt en s’indignant d’un tel aveuglement spirituel et d’une telle dureté de coeur les concernants. Mais le plus ironique c’est que notre christianisme est touché par le même symptôme. Et en pire, car les chrétiens confessent leurs réalités spirituelles en Christ, mais en pratique ils demeurent dans les ombres de ces réalités spirituelles. Nous pouvons confesser que Christ est notre Sabbat et pourtant certains obligent le jour de sabbat pendant la semaine. Nous pouvons confesser que nos corps sont le temple du Saint Esprit, et pourtant certains obligent la présence d’un sanctuaire fait de main d’hommes. Nous pouvons confesser que Christ est l’accomplissement de la loi, de notre salut complet et pourtant certains rajoutent à l’Evangile de Christ des conditions. ( si tu lis assez ta bible, si tu pries assez, si tu jeûnes assez, si tu parles en langue assez, si tu sers assez…etc.)

L’esprit religieux a traversé les siècles et s’est infiltré dans l’Eglise de Christ. Ce n’est pas seulement certains dans le corps de Christ, mais nous sommes tous concernés et manipulés par cet esprit. Si l’on pense être exclu de son influence, c’est qu’à l’inverse il a réussi sa mission…nous aveugler.
Plus nous serons conscients de notre propre religiosité, et de l’esprit qu’il y a derrière, plus nous voudrons expérimenter Christ. Et nous arrêterons de regarder à nous mêmes, à nos œuvres, à nos sacrifices, à notre reconnaissance, à notre position spirituelle, à nos dons, à notre avenir dans le système religieux, au final à notre moi. Plus nous discernerons cet esprit religieux, plus nous voudrons être l’Eglise, ce Temple vivant, sans christianisme organisé ou système religieux pour faire l’Eglise. Plus l’Amour et la connaissance de Christ deviendront nos seules motivations, nos seuls buts, plus le religieux ne trouvera pas de terrain de crainte ou d’orgueil en nous pour s’installer.

Philippians 3:12 : « Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus Christ. »

4 réponses sur “« Christ vs Religion » dans l’Eglise…”

  1. Je viens juste de lire cet article publié voici près de 5 ans .
    Combien il reste d’actualité !
    La pensée de Christ traverse les âges et Christ est saisissable à chaque instant…

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