Démenotée

J’ai attendu quelques semaines avant d’écrire ce témoignage. Je voulais attendre de voir les fruits sur la durée. J’espère qu’il pourra vous parler, même si vous n’êtes pas concernés par le problème dont je souffrais et dont je n’avais pas conscience. Cet article est long, mais je vous le recommande !

En 2014, j’étais au bord du burn out maternel. Isaïah me réveillait 10 à 15 fois par nuit, cumulé à notre petit Lévi avec son chromosome supplémentaire et à Laël qui était très très difficile (je vous passe les détails, mais je préférais encore les réveils nocturnes), plus d’autres soucis matériels dans notre maison, j’étais physiquement et psychiquement épuisée.

C’est là que Dieu a commencé à me parler sur le fait que je ne prenais pas assez soin de moi.  Je m’épuisais à vouloir être une mère parfaite, car je m’estimais toujours n’être pas une assez bonne maman. Pas aussi bien que je l’aurais voulu, selon les principes qui me semblaient bons pour mes enfants et notre vie de famille. J’aurais aimé tout bien faire. Que ma maison soit rangée, mes enfants heureux, mon mari comblé, mais je n’arrivais pas à tout gérer comme souhaité et cela générait chez moi de la culpabilité et du stress : je fais mal, pas assez.

C’est dans cette même période qu’un prophète de passage m’a dit « Tu es une bonne mère » (ce que mon amie Maggie avait déjà reçu de Dieu de me dire, plusieurs mois auparavant). Je comprenais donc que si je pensais l’inverse c’est que je croyais à un mensonge. C’est aussi dans ces temps là que nous avons décidé d’emmener Laël voir une thérapeute. La prière n’était pas efficace, nous avions essayé tellement de méthodes éducatives, pourquoi pas ça. C’était sans compter que la thérapeute allait à plusieurs reprises vouloir se focaliser sur moi : « Mais vous, Madame Galisson, comment prenez-vous soin de vous ? Il faut prendre soin de vous. ». Elle m’agaçait à ne pas comprendre que pour que j’aille bien, il fallait que mes enfants aillent bien ! Après trois séances inefficaces et le sentiment que ce n’était pas non plus la solution, nous avons stoppé.

Les années sont passées. Laël s’est apaisé, Isaïah est devenu facile et il restait le petit chromosome de Lévi. C’était moins douloureux, bien que toujours défiant. Il y avait toujours dans un coin de ma tête cette petite voix qui me disait « Tu n’es pas une bonne mère ». Il y a une chose que je voulais faire, mais qui était difficile pour moi : passer du temps de qualité avec mes enfants. Les câlins, pas de problème, j’étais là. Mais jouer ou ce genre d’activités qu’affectionnent les enfants et auxquelles ils voudraient qu’on participe, je n’en avais pas l’envie. Je trouvais toujours une raison pour faire autre chose : repas à préparer, maison à laver, les courses, les invités qui vont arriver, mon téléphone à regarder… Et je culpabilisais. Bien entendu, nos enfants étant instruits en famille, ils passent du temps avec nous, seulement vous pouvez vivre à côté de quelqu’un sans passer du temps de qualité avec. Et quand je le faisais, je sentais que je me forçais, avec hâte de passer à autre chose dès que possible. Ce qui me faisait aussi culpabiliser.

Ceux qui nous connaissent bien et qui sont venus chez nous savent que je suis plutôt active. J’aime recevoir et autant que possible faire plaisir. J’avais descendu la barre au fur et à mesure de l’arrivée des enfants parce que je me mettais beaucoup de pression dans cette dynamique de « bien faire ». Donc ces dernières années, je privilégiais les repas partagés et la simplicité. Quand même, je progressais doucement, mais sûrement… J’étais aussi considérée comme combative, faisant face aux épreuves, sachant accoucher sans péridurale, capable d’allaiter avec des mamelons en sang à cause de grosses crevasses, ne m’effondrant pas en perdant mon audition, etc.

Au travers des années, j’ai pris conscience de certains de mes travers : désir de perfection, ne pas savoir demander de l’aide, ne pas reconnaitre mes limites et quand je les reconnaissais, ne pas les respecter, etc. Donc quand une pensée venait du type : « tu n’es pas une bonne mère », je la chassais par une contre-pensée du genre « c’est un mensonge, regarde tout ce que tu fais pour eux ».

Je comprenais aussi que pour que mes enfants aillent bien, je devais moi-même aller bien. Et que prendre soin de moi allait m’aider à mieux prendre soin d’eux. Seulement, j’avais beaucoup de mal à m’octroyer du temps de qualité et de repos pour moi. D’autant plus que prendre du temps pour moi à la maison n’était pas possible avec les enfants dans les parages et une fois à l’extérieur j’étais bien incapable de savoir ce qui allait vraiment me faire du bien.

Lorsque j’ai perdu une grande partie de mon audition l’an dernier (la perte était progressive depuis une dizaine d’années, brusque en 2016 du côté gauche, puis brusque en 2018 du côté droit, jusqu’à perdre 80% de mon audition en moyenne sur les deux oreilles), deux choses sont rapidement montées : une dimension spirituelle extérieure qui venait appuyer sur une dimension intérieure déjà bancale. J’ai reçu plusieurs messages le confirmant et plusieurs disaient que le fait que ce soit les oreilles qui soient touchées n’était pas anodin. Il y a aussi eu des images et paroles qui allaient dans le même sens : « Tu ne veux pas entendre », « Il y a des choses trop douloureuses pour toi à entendre », etc.

Dans un article récent, j’ai exprimé que l’année 2018 avait été lumineuse malgré tout. C’est vrai, je voyais plus clair dans mes dysfonctionnements et je discernais là une oeuvre de Christ en moi dans un tunnel encore sombre. C’est toujours ma vision des choses. Et je ne pensais pas que l’année 2019 serait encore plus éclairée. La fin 2018 ayant été éprouvante : des situations relationnelles compliquées, une grossesse non prévue suivie d’une fausse couche non prévue et d’autres choses dont je vous passe les détails. Je me sentais vidée et fatiguée.

C’est difficile à décrire mais je me sentais de plus en plus éteinte, comme si une partie de moi était morte et je n’arrivais pas à mettre des mots sur cette impression. Et ce n’était pas seulement depuis ces récents événements, mais ça m’enfonçait encore plus dans cet état dont j’étais parfois spectatrice sans y voir suffisamment clair pour réagir. Je mettais cela sur le dos de me perte auditive puisqu’elle produisait un isolement forcé.

Et puis, il y a eu plusieurs événements qui pour certains paraissaient insignifiants et qui étaient en fait plus profonds que je ne l’imaginais.

Mon amie Sarah avait prié pour moi en décembre : « Il y a beaucoup de souffrances et elles ont besoin de sortir ». Moi, je ne les voyais pas. Oui, j’avais vécu des choses difficiles durant toutes ces dernières années, et j’étais presque sourde. Seulement, c’est comme si elle suggérait qu’il y avait plus. J’avais le sentiment que ça datait d’il y a plus longtemps que ces dernières années, seulement rien de clair ne venait.

Ce même mois, Fabien m’avait aussi fait une remarque où il me disait que lorsque je vivais une situation injuste avec quelqu’un, j’avais tendance à me flageller et ça l’agaçait. Il avait même fait le geste d’une auto-flagellation. « N’importe quoi, lui avais-je répondu, j’ai juste conscience de mes propres dysfonctionnements et je ne vais pas accuser les autres de mes failles ! »

En janvier, mon amie Noémie m’a envoyé un message. J’étais passée chez elle la veille avec les 4 enfants et ce temps avait été compliqué. Elle avait eu de la peine pour moi et en priant elle a reçu une vidéo, me disant que dans celle-ci je suis la cigogne mal en point. https://www.youtube.com/watch?v=sQp5tK6VMlA

Quand je l’ai regardée, j’étais émue parce que oui, je me reconnaissais, seulement je n’étais pas responsable d’avoir eu affaire à des « bébés mordants » et en plus ça n’apportait aucune solution à mon état. J’ai senti qu’elle avait plus à dire, je lui ai proposé de le faire, mais ce n’est pas allé plus loin.

Dans le même temps, mon amie Sarah a fait un rêve. Elle me criait des choses horribles (dont elle ne se souvenait pas au réveil) et j’acceptais toutes ces choses en pleurant, sans me défendre. Oui, il m’arrivait encore de culpabiliser de mal faire et ça devait avoir un lien. Mais ça ne m’a pas chamboulé plus que ça puisque je prenais l’habitude de chasser les pensées culpabilisantes (pensais-je…).

Quelques jours après, nous avions le week-end Kainos Creation. Durant la soirée, plusieurs sont venus prier pour moi. Mon amie Sarah a de nouveau reçu les souffrances à libérer et aussi que j’étais dans un siège confortable, et que ce siège était un siège éjectable. Je ne voyais pas en quoi mon siège était confortable puisque je n’entendais presque plus et la situation était plutôt inconfortable. Je n’ai pas refusé sa pensée, c’est juste que je ne voyais pas ce qu’il y avait derrière.

Maggie, une autre amie, a dit qu’elle avait reçu pour moi l’image de la femme qui lave les pieds de Jésus avec ses cheveux, qu’elle a senti que Jésus voulait le faire pour moi et qu’elle allait donc le faire avec mon accord. Elle a pris un bol d’eau et elle a lavé mes pieds avec ses magnifiques cheveux blonds. J’ai pleuré car j’ai senti une fois de plus Dieu qui voulait prendre soin de moi, ce que je n’arrivais pas à faire moi-même.

La semaine suivante, j’ai demandé à Fabien de m’aider : « Ecoute, je dois prendre des vitamines, j’en ai besoin ! Elles sont juste là dans la cuisine, je les vois tous les jours, mais je ne les prends jamais. Ce n’est pas que j’oublie, ce n’est pas non plus comme si une force m’en empêchait, alors je ne comprends pas pourquoi je ne le fais pas. J’ai besoin que tu m’aides à les prendre. Le matin, tu les poses sur la table quand je déjeune. ».

Chaque matin, Fabien, et les enfants qui voulaient participer, me préparaient mes vitamines. Et bien même ainsi, il m’est arrivé de ne pas les prendre et je m’en apercevais seulement en voyant Eléanore les détruire en jouant avec !

Quelques jours après, dans un temps de coeur à coeur avec Noémie, je lui partage que je suis quelqu’un d’ouverte à la remise en question et qu’il ne faut pas qu’elle hésite à me dire ce qu’elle reçoit pour moi, même si ça peut être dur à dire et pour moi à entendre et que je fais le tri après. Elle m’explique alors que quand elle avait prié pour moi, avant de recevoir la vidéo de la cigogne, elle avait eu une autre image mais qu’elle l’avait trouvée trop violente pour me la partager. Elle me raconte alors l’histoire de l’enfant spartiate et le renardeau. Un enfant qui cache un renard sous son vêtement : « Un d’eux, à ce qu’on rapporte, ayant pris un renardeau qu’il avait caché sous sa robe, se laissa déchirer le ventre par cet animal à coups d’ongles et de dents, sans jeter un seul cri, et aima mieux mourir que d’être découvert… ». Elle me dit ensuite : « J’ai reçu un mot après cette histoire : masochisme ».

Au moment où elle dit ce mot, nous sommes dans ma cuisine et je vois mes vitamines. J’ouvre de grands yeux, je sens clairement que le mot est juste même si je n’en vois pas encore tout le sens, mais ça prend sens !

Le soir quand Fabien rentre, nous en parlons et il me dit que ça lui parle bien et que ça explique certains de mes comportements (non, nous n’avons ni fouet ni menottes à la maison, donc pas ce type de comportements 😉 ). Nous ne prions pas pour ça pour autant.

Le lendemain, je suis dans la voiture sur le parking avant d’aller faire les courses et je regarde par curiosité sur mon smartphone ce qui se dit sur le masochisme, histoire de voir si cela peut me parler pour ma vie. Je découvre qu’il existe le « masochisme moral » et que je suis complètement concernée. Alors que je lis les symptômes, je me mets à pleurer. Et c’était déjà beaucoup pour moi, parce que je ne pleurais plus que très rarement. Il y avait des choses qui étaient évidentes et d’autres où je sentais que Dieu me disait que j’étais concernée mais que c’était tellement inconscient qu’il avait besoin de me les révéler. Voici quelques extraits de ces articles :

Le sujet, en raison d’un sentiment de culpabilité inconscient, recherche la position de victime sans jouissance sexuelle directement impliquée. Il est celui qui, dans la vie de tous les jours, « tend toujours la joue quand il a la perspective de recevoir une gifle ». Le masochisme devient pathologique en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l’instinct. Le masochiste social se met en position de subir ses malheurs dans la vie ordinaire. Il ignore les raisons de son comportement. Il faut distinguer le masochisme érogène du masochisme moral qui pousse à rechercher des punitions non pas physiques mais psychiques. D’autres [femmes] se complaisent dans un rôle de victime, elles se font les douloureuses esclaves de leur mari, de leurs enfants… Cette réaction fut attribuée à un besoin de souffrir, expression d’un complexe inconscient de culpabilité, celle-ci étant apaisée grâce à la souffrance. Son besoin d’amour constant se confond avec un besoin de souffrance, de vivre l’amour dans la haine, haine infléchie sur lui-même. Au fond, le ou les objets d’amour le conduisent à s’aimer en se haïssant. Il n’attend pas sa souffrance d’un partenaire mais s’arrange pour l’obtenir des diverses circonstances de la vie, témoignant par là même d’une sorte de besoin inconscient de punition. Cette forme de masochisme peut relever d’un besoin d’autodestruction. Ces personnes se sacrifient pour se sentir utiles. En réalité, ces personnes croient qu’elles doivent vivre leur vie comme un martyre. Elles se sont mises dans la tête qu’elles doivent se soumettre aux autres, et qu’en se sacrifiant le bonheur frappera à leur porte. Le manque d’égoïsme fait de ces êtres des personnes qui manquent incroyablement de confiance en elles, cherchant ainsi la souffrance, la douleur et la culpabilité pour se sentir bien.

L’histoire expliquée de l’enfant et le renardeau parlait aussi de « flagellation », « d’endurer la souffrance jusqu’à la mort ». Après avoir pleuré un bon coup, je suis entrée dans le magasin et pour la première fois j’ai entendu toutes les pensées qui étaient là, comme un bruit de fond, auxquelles je ne faisais pas attention habituellement : « Tu ne devrais pas acheter ça, c’est mauvais pour la planète », « Tu ne devrais pas prendre ce produit, ce n’est pas bon pour la santé », etc. J’étais choquée !

Pendant la journée, ça a continué avec les enfants « Tu n’aurais pas dû faire ceci », « Tu ne fais pas assez cela ». Et aussi toutes ces pensées dont j’avais partiellement conscience ces derniers temps et qui concernaient mon physique. Je me trouvais de plus en plus vieille et laide. Je ne voyais plus que mes défauts dans le miroir et à chaque fois que je me voyais (ce que j’évitais de faire un maximum) je me jugeais de « ne pas avoir assez pris soin de ma peau », « de ne pas assez boire pour m’hydrater », « d’avoir trop stressé et d’en avoir perdu presque tous mes cheveux », « de ne pas assez dormir et d’en avoir les paupières qui tombent », « de ne plus être jolie ».

Je n’étais plus aveuglée sur ce fonctionnement tordu et voir à quel point c’était présent dans ma vie était un grand pas. Le soir nous avons pris un temps de prière avec Fabien spécifiquement pour ça. Alors qu’on priait, je sentais la présence de Dieu autour de mon coeur, comme ça m’arrive parfois durant ces temps, mais je commençais aussi à sentir la même chose dans ma tête. Ça faisait tellement tellement de bien de me sentir légère dans ma tête ! Je m’étais tellement flagellée par mes pensées que ma tête en était devenue lourde et je n’en avais pas conscience jusqu’à sentir la différence suite à la prière. Nous avons reçu d’autres images et pensées, et dès le lendemain matin, j’ai senti la différence.

Fabien partait pour un déménagement et j’allais passer la journée avec les quatre enfants. Avant, je vivais cela avec une certaine angoisse, ne me sentant plus suffisamment compétente. Pendant le petit déjeuner, Dieu continuait son oeuvre. Je pleurais et je riais en même temps, devant les enfants un peu désabusés (je leur ai expliqué ce que je vivais avec Dieu). Je pleurais de comprendre le mécanisme inconscient et destructeur du masochisme et comment il avait fonctionné dans ma vie. Mais je riais de sentir que Dieu m’en libérait en ouvrant mes yeux sur ces ténèbres (ou ces « renards » si vous avez lu l’article précédent de Fabien). Ensuite, alors qu’avant je fuyais les enfants, j’ai passé toute la journée en prenant des temps de qualité avec eux sans me forcer. J’ai même envoyé un message à Fabien en lui disant : « J’ai eu soif ! Et j’ai bu ! ». C’était incroyable pour moi. J’ai continué à voir les changements les jours suivants : je n’oubliais plus mes vitamines ! Et je ne les ai jamais oubliées depuis ce jour. C’est juste devenu une normalité qui ne l’était pas avant : j’ai besoin de vitamines, je les prends.

Les jours suivants, je vaquais naturellement d’une activité à une autre avec les enfants et les miennes, avec facilité et joie. J’étais plus indulgente avec mon physique. Je voyais encore mes défauts, mais j’arrivais à m’accepter avec et je me souviens même d’une fois en voiture où c’est sorti de mes tripes en chant spontané « Je suis belle » (je chantais d’ailleurs rarement depuis ma perte auditive). Et je pleurais enfin, à nouveau. A la place des pensées culpabilisantes, il n’y avait pas du vide. Non, il y avait le souvenir des pensées, mais elles ne me flagellaient plus car elles n’avaient plus de substance réelle. Après une dizaine de jours à vivre avec facilité ce nouveau dévoilement, à sentir quand je devais passer d’une activité à une autre, à prendre plus aisément des temps d’intériorité, les effets se sont estompés progressivement. Pas comme si j’étais à nouveau embarquée dans mes ténèbres, non plutôt comme si maintenant, j’avais les cartes en main pour faire des choix et « affronter les renards ». En fait, j’ai toujours eu le choix, mais je résistais inconsciemment et sans réussir à faire autrement, à la Voix de la raison. Maintenant, je suis en capacité de choisir.

J’étais dans des schémas auto-destructeur de mon être intérieur et cela détruisait aussi mon être extérieur et ce n’était pas juste ses derniers années. J’ai réalisé que ce dysfonctionnement était présent depuis longtemps et qu’il expliquait aussi d’autres comportements passés comme la boulimie durant ma jeune-jeunesse. La maternité m’avait fait plonger encore plus profondément dans cette partie sombre et cachée de mon être. J’étais en train de me tuer à petits feux. Je faisais ce que je ne voulais pas faire, pour mieux me condamner et me flageller après. Tout cela étant inconscient. J’utilisais les « objets » de mon amour : mon mari, mes enfants, Dieu, mes amis, pour mieux me culpabiliser. Nous pouvons être notre plus grand accusateur.

Je m’étais crée une fausse réalité. J’étais responsable d’une grande partie de mes propres souffrances (il n’y a pas d’accusation, juste un constat). Je me les infligeais ou alors je laissais les autres et les circonstances le faire pour moi. Je comprenais enfin le siège confortable que Sarah avait reçu en prière. J’étais confortable dans la souffrance. Je réalisais aussi pourquoi je me bloquais quand on priait pour mes oreilles. Une partie de moi avait envie de guérir, alors je disais oui, mais une autre était morte et je sentais comme une fermeture intérieure. J’avais mis ça sur le compte d’une parole qui m’avait été donnée comme quoi la guérison viendrait de l’intérieur : ce n’est pas les autres qui vont me guérir, c’est « moi-même », en avais-je conclu. Depuis, je sens la liberté quand on prie pour ma guérison et je bénis régulièrement mes oreilles.

« Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. ». A force d’être dure envers moi-même, je devenais plus dure envers les autres. J’ai toujours été sensible et compatissante, mais plus je me critiquais, plus il me devenait difficile d’être sensible aux souffrances des autres et à être tolérante. C’est en cela que mon problème était faussement tourné vers les autres : à faire pour les autres, à me sacrifier pour les autres, j’étais en fait tournée vers moi. Et il n’y avait aucune raison non plus de m’enorgueillir de mon « hyper combativité » dans les épreuves. Avec ce dévoilement, la compassion pour les autres est revenue plus fortement et je suis devenue à nouveau plus sensible à ceux qui m’entourent. Fabien avait reçu une image pour moi lorsqu’on a prié, il voyait un morceau de mon coeur qui était dur et il redevenait de la chair.

Un mois et demi est passé depuis ce dévoilement et j’en vois les fruits aujourd’hui. Dieu m’avait prévenu que ce n’était pas parce que mes yeux s’étaient ouverts que je n’allais plus culpabiliser de toute ma vie, ni que je ferais toujours les bons choix, ni que tout était réglé. Il y a des dossiers sous-jacents et je les laisse remonter progressivement. Mais je peux dire et mon mari aussi, que c’est le jour et la nuit. Maintenant, c’est le jour. Il y a des journées très ensoleillées et d’autres plus brumeuses, mais le changement est bien réel !

Et puis, je commence à prendre soin de moi. Je me fixe des journées off, sans les enfants. Avant quand je le faisais occasionnellement, je trouvais toujours le moyen de me plomber ma journée en allant acheter des choses pour Fabien, pour les enfants, des courses que j’avais oubliées (comme par hasard !). J’étais toujours dans un « faire pour les autres ». Maintenant je m’occupe de moi, mes envies, mes besoins et je continue ma quête pour savoir ce qui me fait vraiment du bien, car je m’aperçois que je ne le sais pas vraiment.

L’image du fouet et des menottes que l’on utilise dans le masochisme érogène est très parlante pour exprimer ce que je subissais dans mon être intérieur. J’étais enfin démenotée et ces menottes n’étaient pas fermées, il suffisait d’en prendre conscience pour les enlever. Que ce soit mes oreilles qui soient particulièrement touchées est aussi parlant. Mes oreilles n’en pouvaient plus d’entendre ce flot de pensées méprisantes envers moi-même. Elles ont besoin d’entendre le nouveau son de ma voix, la vraie (c’est en/un chemin…).

Je suis plus vigilante à mes choix et les quelques fois où je m’enfonce dans un choix stérile, je respire un grand coup et je me fais grâce ! Et puis il y a tout un tas de révélations sur l’identité qui me viennent et s’approfondissent et c’est aussi la raison d’être de ce témoignage (et de mon précédent article « accueillir les émotions »). Avant de vous partager ce qui me parle depuis, j’avais envie de vous raconter cet épisode si important pour moi !

Le chemin est encore long, tout n’est pas réglé évidemment, mais j’avance !

Je remercie sincèrement mes amies et mon mari qui ont eu part dans ce processus de dévoilement. C’est tellement précieux d’être entouré de personnes avec qui on se sent en confiance pour ouvrir nos coeurs. Je ne me suis jamais sentie jugée, mais aimée. Et je m’aime plus.

Et comme vous le savez, plus on s’aime, plus on est en capacité d’aimer les autres.

5 réponses sur “Démenotée”

  1. Tu es maintenant prête à recevoir ta guérison totale, chère Claire. Elle ne vient pas des autres ou de toi, mais de Dieu à travers toi 😉
    Enjoy your new beginning! The best is yet to come!
    PS: et t’es super jolie, alors relax 🙂

  2. Oh ma Claire chérie, si tu savais à quel point ton article me touche au plus profond ! Il apporte aussi une véritable lumière sur des tas de choses ! Je ne peux pas tout exprimer sur le blog (ce serait trop long…), mais j’espère vivement qu’un jour on pourra discuter de tout ça ensemble !
    Merci du fond du coeur d’avoir partagé tout ça, et merci au Père pour ce processus de dévoilement, et aussi de libération et de guérison ! C’est glorieux ! <3

  3. De tout cœur avec ma « fille adorée » de DIEU où monte la mélodie de sa belle voix vers le chemin de la complète guérison <3 <3

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