La Cité et ses limites

Cet article voit le jour après plusieurs événements cumulés qui m’ont interpellé. C’est un thème que j’ai déjà abordé : les limites.

Collaborant avec Wayne Jacobsen pour l’adaptation de « La Cité » aux USA, il m’a posé une question : Qu’y a t-il derrière les limites de la Cité ? (celles de mon livre). N’ayant pas réfléchi les choses en l’écrivant, je ne m’étais jamais posée la question. Les réponses étant plutôt dans ma perception, des notions non physiques.

Dans la Cité, c’est l’amour. En dehors des limites, c’est la haine, l’amour propre, l’ego, etc.
Dans la Cité, c’est la vérité. En dehors des limites de la Cité, c’est le mensonge.
Dans la Cité, c’est la vie d’union avec Dieu. En dehors, c’est l’Homme seul.
Dans la Cité, c’est l’Etre. En dehors, c’est le Faire.

Nous sommes passés à autre chose et puis, d’un coup j’ai dit « Attends. Les limites sont amenées à s’étendre…. Au fur et à mesure qu’il découvre la Cité, les limites s’étendent. »

Je ne sais pas d’où c’est sorti, cela m’est venu comme ça et cette idée soudaine me semblait plus une notion physique que spirituelle.

Après cette entrevue, Fabien m’a demandé de lire son dernier article, écrit quelques heures avant. Et je découvre le dernier paragraphe où il dit :

En fait, plus nous expérimentons le Royaume « des cieux » en nous, plus ces diverses chambres de sagesse, connaissance et révélation augmentent ! « Le coeur se dilate dans l’amour » dira le curé d’Ars, c’est vrai, le coeur épris du divin s’élargit en plusieurs demeures-cieux, c’est la dynamique du Royaume de Dieu en l’Homme. 

J’étais ravie ! Non seulement, c’était une confirmation pour moi , mais en plus une notion plus profonde que je ne l’imaginais.

Il y a déjà plusieurs années que Dieu m’interpelle sur le fait de prendre soin de moi, de respecter mes limites. Ce processus est très long. Les reconnaitre prend du temps. Les respecter est aussi un chemin. Savoir dire non, stop, exprimer aux autres quelle est la limite à ne pas dépasser, que je ne peux pas, que je ne veux pas. C’est aussi un chemin d’humilité. Tout un travail, je vous le dis !

Je suis ravie de mes progrès : auto-applaudissements ! La route est encore longue : soupir.

J’apprends à devenir plus transparente. C’est le mot que j’ai utilisé ce matin avec mon mari et vous comprendrez en quoi il est important dans la suite de l’article. J’essaie de dire les choses dans l’amour, mais de les dire quand même. Et quand je suis trop en colère ou blessée parce que mes limites ne sont pas respectées, par moi-même ou par d’autres (n’ayant pas su les formuler et dire stop), j’attends. Souvent encore, malheureusement, je refoule.

Je dois vivre dans ce lieu où je suis capable d’être en Lui et de donner autour de moi dans un écoulement d’amour (sur)naturel, dans le « Ici et maintenant » et non dans ce lieu qui est : « Oh ! je vois ce que Jésus a fait, je DOIS faire pareil. Il FAUT. ». Lieu duquel découle souvent une culpabilité du « Tu DEVRAIS »  ou « Tu DOIS », venu directement de mes pensées ou des réflexions des autres. Ah, quelle joie et quelle liberté de savoir où on est en vraiment et de ne pas s’aveugler soi-même par une sorte de piété religieuse du devoir.

Ce matin j’ai vécu un moment émouvant.

Quand j’étais enfant et adolescente, j’avais un regret. De toute ma fratrie, je suis la seule à ne pas avoir un prénom biblique. A cette époque là, c’était quelque chose qui me semblait important. Je n’ai jamais posé la question à mes parents de ce choix, mais ça m’étonnait. Alors quand adolescente, une amie se prénommant Claire m’a dit que cela signifiait « transparente », je n’y voyais rien de positif. Il m’arrivait même dans des situations où les gens disaient « Oh, tu étais là, je ne t’avais pas vu » de rétorquer avec une pointe d’ironie : « C’est normal, je m’appelle Claire, je suis transparente ». Pour autant, je n’avais rien contre mon prénom, rassurez-vous. Bien plus tard, quand la signification des prénoms a eu une importance pour moi, j’ai fait mes recherches et j’ai découvert que « Claire » signifie « transparente », mais aussi « brillant », « éclatant », « glorieux », « illustre ». Avec tout cela, je vais vous rendre jaloux !

Hier matin, je cherche l’un des passages qui parle de la Cité céleste et je l’ai lu différemment. Voici quelques extraits :

Apocalypse 21 : 10-12 « Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d’une pierre très précieuse, d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une grande et haute muraille. »

Il y a d’autres références dans ce passage sur la transparence (et la muraille). Mon prénom est dans la bible d’une façon incroyable, n’est-ce pas ? Associé directement à la description de la Cité céleste.

Dieu me disait : « La muraille (tes limites) et ton envie de transparence (Etre en vérité) sont justes. Quand tu sauras les respecter, alors je les étendrai. Les limites seront repoussées et tu seras capable de donner plus, toujours librement et toujours animée par l’amour. »

Le danger, c’est que nous voulons souvent vivre l’inverse, n’est-ce pas ? C’est humain. La bible regorge de principes et on voudrait tous les appliquer aussi bien que Jésus. En regardant ce que font les autres, on se dit qu’on devrait être capable de faire la même chose (ex : accoucher naturellement, ce que je fais, mais que d’autres ne sont pas en capacité de vivre dans le « ici et maintenant » ; ex : Mère Teresa et son incroyable parcours pour servir l’Autre, ce que je ne fais pas autant et « aussi bien » ; ex : mourir pour les autres, ce que Jésus a fait pour nous tous, mais que nous sommes peu à accepter de vivre aujourd’hui…). Que ces principes, aussi bons soient-ils, ne nous amènent pas en dehors des limites de notre Cité céleste intérieure, car c’est là qu’ils nous chargent d’un fardeau et nous sortent du repos.

Je vous laisse donc avec cette phrase que j’ai écrit plus haut dans l’article :

Dans la Cité, c’est l’Etre. En dehors, c’est le Faire.

10 réponses sur “La Cité et ses limites”

  1. Oui, juste être soi-même. On a rien à prouver à qui que ce soit et surtout pas à Dieu qui nous connaît tellement. Quelle liberté ! Et être en accord avec soi – même. Quelle paix ! Être simple, comme un enfant ! Merci Claire

  2. Merci Claire😊. aujourd’hui encore, je méditais sur la transparence et combien je voulais être en accord avec qui je suis vraiment pour ne plus porter de masque par peur de paraitre nue (vulnérable) devant les gens… Parce que je crois au fond de moi que la présence de Dieu, sa gloire est un vêtement qui nous couvre entièrement…et comme adam et ève dans le jardin, on a plus à avoir honte de notre vulnérabilité ou nudité..
    Christ est tout.
    Merci

  3. Oh Claire! Je lis ton article…et je jubile! Il me touche, me remplit de joie et résonne très fort en moi!
    Avant même que je ne te connaisse, à la première lecture d’un de tes articles, je me suis tout de suite fait cette réflexion : wouah, cette fille porte vraiment bien son prénom ! Tout ce que tu exprimais était pour moi si authentique, si clair, comme si je buvais une eau pure, limpide, en te lisant. Certains disent « clair comme de l’eau de roche », moi je dis, tu es Claire/claire comme l’eau du rocher sur lequel tu es fondée, duquel tu as été taillée et ça n’a fait que se confirmer lorsque je t’ai rencontrée ! Et puis je pense qu’on a souvent dû te dire aussi que tu es lumineuse !…

    En ce qui concerne la notion des limites, je suis ravie aussi, car c’est un sujet sur lequel on a beaucoup échangé ces derniers temps avec Séverine et on en est arrivées aux mêmes constatations, aux mêmes conclusions…
    Et oui, si c’est le coeur du Père, l’Amour Parfait qui créé en nous cet etat d’être d’amour, et initie le « vouloir et le faire » (et pas l’inverse), alors tout « coulera de source » 😉 et nous pourrons donner et nous donner sans effort, en jouissant simplement du moment, presque comme si on était spectateurs de ce que l’on fait 😉
    Du coup cela me fait penser à cette merveilleuse phrase de Saint Augustin : « …puisque tu allèges celui que tu remplis… »! Trop bon, non ?
    Bises les amis et merci Claire pour ce très chouette billet 😍

    1. Oh merci Stéphanie…
      Et oui, laissons couler la source, plutôt que d’essayer de forcer sur les poignées du robinet.
      Il en dit des belles choses ce Saint Augustin.
      Bises Sainte Stéphanie.

  4. « Transparent » ne veut pas dire « invisible » ! 😉 Ça me fait penser à une eau limpide, pure, rafraîchissante… et je trouve que ça te va très bien ! Brillante, tu l’es aussi, ça ne fait aucun doute ! ✨
    Le sujet des limites m’interpelle aussi depuis un moment et je suis totalement d’accord avec ce que tu dis. Ça m’encourage beaucoup !
    Merci pour tout Claire !

    1. Ah oui 🙂 Il m’a fallu un peu de temps pour le réaliser que transparence ne veut pas dire invisible 😉
      Merci Séverine pour tes gentils mots. Bises.

  5. Hahaha….trop rigolo, on ne s’était pas concertées avec Séverine et on se rend compte qu’on a réagit toutes les deux à ton billet, presque au même moment, et en utilisant les mêmes mots pour te qualifier : « eau pure et limpide » :-)) … j’aime trop ces coïncidences/clins d’oeil 😉

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