Le Pardon, un acte d’amour qui libère

Le PardonNée dans une famille chrétienne, j’ai eu de nombreuses occasions d’entendre parler du pardon, à l’école du dimanche, lors d’enseignements. Ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois, je sens que ce sujet devient pratique, plus concret mais aussi différent parfois de la perception que j’en avais.

J’aimerai commencer par ce qui pourrait être une conclusion. Tout comme Christ est en nous la Vie, le Repos, le Combat, la Foi, la Joie, la Compassion… Il est aussi en nous le Pardon.

Rien d’étonnant bien sûr, je sais bien que je ne vous apporte pas là la révélation du siècle ! Il a enseigné et incarné le pardon.

Et nous comment vivons-nous le pardon ? Comment manifestons-nous Christ au quotidien dans ce domaine ?

Amateurs d’articles « théologiques », ce n’est pas mon domaine pour le moment, j’ai surtout envie de parler depuis mon vécu et ce que l’Esprit m’enseigne. Qui sait, vous y trouverez peut être quelques pistes pour votre vie personnelle malgré tout.

Je voudrais illustrer par une image le manque de pardon (que ce soit dans le sens de demander pardon ou de pardonner). C’est une image que j’avais entendue il y a quelques années, lors d’un enseignement sur le sujet. Lorsqu’une personne fait un acte ou dit une parole qui nous fait mal (que ce soit un peu mal ou très mal) il y a une réaction que nous pourrions symboliser par un lien, une chaine, entre la personne et nous. C’est la même chose lorsque c’est moi qui fait mal à quelqu’un et que je crée en lui une blessure, une amertume, une tristesse, une déception, une colère (etc… tout ce que cela peut créer comme réaction suite à une situation injuste). Il y a de « bonnes chaines » qui peuvent nous lier aux autres : le lien de l’amour, le lien de la paix… et de « mauvaises chaines » comme celui du non pardon. Il est nécessaire, pour être libre, de couper ces liens. Il y a une puissance dans le pardon : chaque fois qu’un pardon est libéré, dans le monde spirituel, une chaîne est brisée.

Demander pardon

De mémoire, dans mon cas, c’est tout d’abord au travers de ma relation de couple que le Saint-Esprit m’a beaucoup interpellé sur ce thème. Lorsque mon cher mari faisait envers moi quelque chose qui n’était pas juste, il venait très facilement (de mon point de vue)  me demander pardon. J’appréciais et j’apprécie toujours sa façon de faire. Mais cela me renvoyait à moi et ma manière d’agir. Je n’ai pas appris à demander pardon naturellement. Quand j’avais tort sur un sujet, je passais facilement à autre chose. N’étant pas de nature très rancunière, je me disais que les autres étaient sans doute pareils et qu’ils devaient voir que finalement « ce n’était pas grave» et avec Fabien j’agissais de la même manière. Un bisou et voilà, c’était réglé. Prononcer les mots « je te demande pardon… » voulait dire que je mettais ma fierté de côté, que je reconnaissais mes torts mais le fond du problème c’est que réellement je n’ai pas appris à le faire. Lorsqu’on agissait mal envers moi, on ne venait pas me demander pardon ou alors très rarement et j’ai cru simplement que la vie était ainsi. Je me suis aussi rendu compte que oui, je ne suis pas quelqu’un de rancunier mais qu’une demande de pardon me touchait quand même alors que cela devait avoir son importance.

J’ai donc commencé à décider d’apprendre à demander pardon. Avec Fabien d’abord. Malgré que mon amour pour lui ne fait pas de doute, ce n’est pas toujours évident quand même ! Mais qu’est-ce que cela fait du bien lorsque les mots arrivent à sortir de ma bouche !

C’est surtout avec les enfants que cela me semble plus simple mais aussi que j’apprends beaucoup. Quand je fais (ou ne fais pas) un acte ou que je dis une parole qui n’était clairement pas en Christ, je demande pardon. Même au petit dernier qui ne comprend peut être pas mais je reste convaincue qu’il y a quelque chose qui est libéré dans le monde spirituel. Je vous avoue que je leur demande beaucoup pardon… cela veut donc dire que je fais beaucoup d’erreurs ! La réalité c’est que je le fais pour des choses qui peuvent même sembler bégnines. Car il est important de garder en tête que quelque chose qui me semble bénin peut être essentiel pour l’autre.  En tout cas, je sens que Laël apprécie ces moments là, il m’écoute et reçoit.

Ce qui est encore plus fort c’est que, dans notre éducation, nous ne voulons pas obliger nos enfants à demander pardon. Nous désirons qu’ils apprennent à le faire d’eux-mêmes, en espérant être leur exemple. Si on dit à un enfant «Va demander pardon !! » ou « Demande moi pardon » dans quelle attitude le fait-il ? Vous n’imaginez pas à quel point mon cœur « fond » lorsque Laël vient de lui même, du haut de ses trois ans et qu’il dit à son papa ou moi même : « pardon parce que… » Alors certes, pour le moment, il ne le fait pas systématiquement. Mais nous encourageons ces petits commencements. Nous lui montrons que nous recevons son pardon et il se sent sans aucun doute plus libre.

 

Il peut sembler difficile de prendre Jésus en exemple, lui n’a pas eu besoin de demander pardon. Mais il a deux caractéristiques qui seront moteurs en nous : l’amour et l’humilité.

Il y a plusieurs fois ces derniers mois et semaines où j’ai libéré des demandes de pardon. Je crois que c’est parce que plus j’avance plus je me rends compte de certaines erreurs, que je ne réalisais pas auparavant. Aveuglée par ma certitude d’être celle qui avait raison dans des situations, d’avoir des « circonstances atténuantes » pour certaines de mes réactions. J’ai réalisé que je  ne dois pas non plus attendre que l’autre reconnaisse que parfois les tords peuvent être partagés. Je prends un exemple : une personne me dit quelque chose de blessant, je réagis alors en faisant de même. Vous serez d’accord avec moi que la réaction n’est pas en Christ… Le Saint-Esprit peut donc m’inviter à demander pardon sans attendre que l’autre le fasse avant… ou même après.

Je ne veux pas demander pardon à quelqu’un poussée par crainte ou par obligation mais par amour. Dieu m’aime et il veut que je sois libre. Lorsque le Saint-Esprit m’interpelle sur une demande de pardon que j’ai besoin de faire, il le fait d’abord car il se préoccupe de moi et qu’il sait que j’ai besoin de me libérer. Je veux aussi être motivée par l’amour de Christ pour l’autre et lorsque je le fais, c’est aussi pour libérer l’autre.

Concrètement, plus j’obéis à l’Esprit quand je sens en moi de demander pardon, plus je trouve simple de le faire. J’ai découvert la joie de laisser l’orgueil au placard et de manifester cette dimension d’amour.

Pardonner

Mat 6 : 14 « … comme nous aussi nous pardonnons ceux qui nous ont offensés ».

Eph 4 : 32 « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. »

Comme je l’ai expliqué précédemment, je ne suis pas de nature très rancunière. Il faut me faire vraiment souffrir pour que j’ai le sentiment du besoin de pardonner. C’est aussi sans doute car je ne suis pas passée non plus par de grandes souffrances, pas comme celles de Jésus !

Mais les quelques fois où cela est arrivé, j’ai quand même appris.

J’ai appris qu’il y a des situations où la personne qui m’a fait souffrir ne reviendra peut être pas vers moi pour me demander pardon, ce qui a d’ailleurs souvent été mon cas. Mais qu’il y a quand même un lien à couper, qui peut se manifester alors en moi par de l’amertume, de la colère, de la tristesse… Notre Papa veut nous libérer de ces chaines et le seul moyen c’est de pardonner.

Il est tellement bon et amour qu’Il ne nous en demandera pas plus que ce dont nous sommes capables. Il nous demande de faire un pas et lui s’occupe de produire en nous le reste. Nous en revenons une fois de plus au principe de « choisir la vie ». Le pardon est un chemin. Il commence par le choix de pardonner. Libérer ces paroles « Aide moi à pardonner » puis « Je pardonne à untel » enclencheront le processus.

Peut être qu’il faudra plusieurs moments d’intimité avec Dieu et plusieurs abandons de notre colère, notre « soif » de justice (j’y reviendrai plus tard…), etc. avant que le sentiment que le lien est complètement brisé se fasse mais je crois que dès lors que le choix de le faire est formulé, le lien est vraiment brisé. Il ne reste alors que des ramifications et des sentiments qui s’y étaient greffés.

Certaines personnes ne savent pas ou ne veulent pas pardonner car elles attendent que « Dieu leur fasse justice ». Cela peut être une attente que la personne qui a offensé vienne demander pardon ou même qu’il lui arrive quelque chose. Je n’exagère pas, certains chrétiens prennent David en exemple d’une manière plutôt littérale lorsqu’il demande à Dieu de faire justice à ceux qui s’en prennent à lui. Je ne doute pas qu’à cette époque David pouvait être entendu de Dieu et je ne doute pas que ces psaumes peuvent avoir une portée prophétique aujourd’hui. Mais sans doute pas de la façon dont nous le percevons.

La justice de Dieu n’est pas une justice humaine. Jésus n’avait commis aucun péché et pourtant la justice de Dieu s’est manifestée pleinement lorsqu’il est mort sur la croix. De quoi dépasser complètement notre vision de la justice ! Et plus fort : Qu’a dit Jésus lorsqu’il était sur la croix ? « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font »… Alors que la justice de Dieu s’accomplissait, Il a manifesté le pardon. Et si une des facettes de la justice de Dieu pour nous, concernant les offenses qui nous ont été faites, c’est que nous pardonnions à ceux qui nous ont offensés, comme Jésus l’a fait ?

Notre Père d’amour nous a pardonné tous nos péchés, les passés, les présents et même les futurs (à ce sujet pas besoin de lui demander pardon à chaque fois, c’est déjà accompli, sachons simplement les reconnaitre). Il y a plusieurs versets, passages qui nous font comprendre que le pardon trouve sa source dans l’amour.

Romains 5:8 « Il prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. »

Plus nous avancerons avec Lui, plus Son amour se manifestera au travers de nous par le pardon que nous accorderons à ceux qui nous ont offensés.

Le pardon et les autres

Il y a deux histoires assez récentes qui vont me permettre d’illustrer ce que j’entends par « le pardon et les autres ».

La première c’est lorsque nous étions avec la jeune femme dont j’ai parlé dans un précédent article (ici). Nous avons reçu plusieurs choses que Dieu voulait lui dire et nous avons réalisé que beaucoup d’hommes l’avaient fait souffrir (père, compagnons,…). Alors que nous priions pour elle, nous avons senti qu’il fallait que Fabien demande pardon à cette jeune femme, au nom de tous les hommes. Fabien était vraiment ému et sentait qu’il était mandaté pour cela. Lorsque nous avons vu la réaction que cela a produit en face, nous n’avions plus de doute que c’était bien inspiré. Elle a pleuré et a reçu. Cela peut paraitre étrange car Fabien n’a rien à voir avec ceux qui l’ont fait souffrir. Mais lorsque Dieu l’inspire c’est qu’il sait le bien que cela peut produire chez l’autre et ce que cela peut libérer.

Nous pouvons donc être amené à demander pardon, à la place d’autres, pour des péchés que nous n’avons-nous même pas commis. Selon inspiration bien sûr !

C’est arrivé dans une autre optique suite à l’achat de la maison que nous habitons depuis deux ans. C’est une maison ancienne qui a vu passer bon nombre d’habitants. Lorsque nous avons investi les lieux, nous avons prié en proclamant que maintenant ces lieux nous appartenaient pensant faire un bon « ménage » dedans. Seulement au fur et à mesure des mois il y avait quand même chez nous des réactions étranges, qui n’avaient pas lieu en dehors des murs de notre maison et qui posaient soucis dans notre vie familiale. Un ami plein de bons conseils, nous a interpellé sur cette notion de demander pardon pour des péchés qui auraient été commis dans cette maison. Nous nous sommes mis en prière et nous avons en effet reçu des péchés commis en ce lieu, certains identiques que nous avons perçus chacun de notre côté. Nous les avons confessés en proclamant le sang de Jésus et la libération de notre maison.

C’est Dieu qui pardonne les péchés et le sacrifice de Jésus a eu lieu afin que nos péchés soient pardonnés. Pourtant lorsque Jésus était sur terre, il pardonnait déjà les péchés. Je ne fais pas la liste, il y a plusieurs passages qui en parlent où il dit « tes péchés te sont pardonnés ». Cela en faisait d’ailleurs bondir plus d’un à l’époque.

Marc 2.10 « Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: »

C’est l’une de nos missions aujourd’hui.

Jean 20.23 « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Le pardon est une des nombreuses facettes de Christ. Par Sa vie en nous, nous sommes mandatés pour manifester ce qu’Il a accompli. Nous avons la mission de libérer les captifs, nous y compris. Que nous puissions simplement le laisser nous enseigner de manière pratique cette dimension d’amour, de combat et sans aucun doute, de victoire.

3 réponses sur “Le Pardon, un acte d’amour qui libère”

  1. Wouhaaa percutant tout ce que tu partages Claire dans ce article et un bon départ pour cette nouvelle année 2014 😉 Tout mes voeux de bénédictions pour vous quatre. Grosses bises. Miriam

  2. Bonsoir Claire,
    Toujours enrichissant de te lire, et il est bon de trouver des situations réellement vécues dans ce que tu partages, ça nous parle d’autant plus et nous met en situation lorsque l’on reflechit au sujet abordé pour nous même, dans notre propre vie…
    Je visite des détenus en prison et je corresponds également avec des prisonniers éloignés géographiquement.
    Si j’en suis capable aujourd’hui, c’est bien parce que l’esprit de Dieu m’a enseignée sur le sujet du pardon. Il y a 6 ans de ça, ma vision, mes pensées, mon coeur et donc mon attitude étaient totalement autres, car humaines, charnelles.
    Oui aujourd’hui c’est Christ en moi qui me donne d’expérimenter et de partager le bénéfice du pardon.
    Et on peut aisément mesurer le poids du non pardon pour un détenu condamné, aussi bien que le poids du non pardon qui pèse sur la victime.
    Il peut être difficile de pardonner à autrui, mais il peut aussi être difficile d’accepter le pardon d’autrui à notre égard, difficile d’accepter de ce pardonner soi même, la culpabilité nous fait alors entrer dans le cercle infernal de la dépression…
    Mais je ne suis pas encore au bout de ma réflexion sur ce sujet car l’enseignement sur le pardon n’est pas terminé, et IL s’en charge régulièrement, parfois en passant par d’autres, comme par toi ce soir.
    Merci Claire pour ta générosité dans le partage de tant de réalités te concernant et qui sont bien réelles dans nos vies aussi.
    Soyez bénis toi et les tiens, encore plus largement que vous êtes en bénédiction pour nous tous !
    😉

  3. Bonsoir Claire,
    Ce que je viens de lire me fais beaucoup de bien et m’aidera certainement dans l’enseignement que je dois donner Dimanche sur le pardon et l’amour

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