Les douleurs de l’enfantement

enfantementJ’aimerai utiliser une image concrète qui m’a parlé il y a quelques jours. Il n’y a pas de structure à mon billet. J’y écris juste des parallèles que l’on peut y faire avec nos propres vies.
Cette image c’est celle de l’accouchement. Rien d’exceptionnel, elle est biblique.

 

Sauf que dans la bible, ils n’ont pas parlé de l’alternative d’aujourd’hui : la péridurale.

Oui, il y a une époque où lorsque l’on accouchait, il n’y avait pas d’autre choix que d’avoir mal.
Nous laisserons de côté les fois où on aimerait choisir mais qu’il est trop tard, les péridurales mal posées ou encore les césariennes.

Je ne juge pas celles qui choisissent la péridurale. Je comprends tout à fait. L’image que j’utilise dans ce billet sert avant tout de parallèle.

J’ai moi-même pris la péridurale pour mon premier accouchement. Pourtant j’étais déjà convaincue que je n’en voulais pas.
Comment ça ? Il est possible de ne pas vouloir la péridurale ? Quelle idée de vouloir souffrir alors que l’on peut l’éviter.
La péridurale n’est pas un acte anodin et ce n’est pas le but de l’article d’entrer dans les détails du pourquoi. Ce qu’elle implique, en dehors d’effacer les douleurs des contractions, est ce qui m’a poussé à vouloir l’éviter. Et offrir à mes enfants une naissance dite naturelle.

Si on nous prévenait de douleurs et difficultés que nous allions traverser nous pourrions avoir l’envie de choisir, et c’est normal, de les éviter. Comme lorsque Jésus a dit « S’il est possible éloigne de moi cette coupe ». Mais la volonté de Son Père était qu’il traverse cette épreuve. Et nous connaissons la suite de l’histoire…
Il a fait le choix qui me permet de dire aujourd’hui qu’il est mon superhéros. Il m’a offert en acceptant de passer par la douleur de la croix, une vie abondante.

Je voulais aussi choisir le chemin plus douloureux de la naissance parce que je voulais offrir à Laël, notre premier enfant, ce qu’il me semblait être le mieux. Mais les douleurs intenses et le travail un peu long, j’ai pensé que je n’y arriverais pas. Je pensais n’être pas assez forte. Fabien était là mais il ne savait pas comment m’aider et me soulager et je n’étais pas entourée par le personnel soignant, trop occupé.
Alors à une époque où nous avons le choix… J’ai fais celui de la péridurale. J’ai en quelque sorte, éloigné l’épreuve de moi. J’ai ainsi pu l’éviter (en partie).
Ce fut une belle naissance. Mais il m’est resté un goût d’inachevé.

C’est après la naissance de Lévi que j’ai compris ce qui n’avait pas été achevé en moi.
J’ai senti les contractions et les douleurs. Mais alors que j’avais parfois l’impression que j’allais mourir, que je n’y arriverai pas, je me suis sentie extrêmement vivante. Parce que, je peux vous assurer, que nous sentons beaucoup de choses ! Il m’est arrivé, surtout vers la fin de « sombrer » un peu. Mais je l’ai fait. J’ai « donné » la vie. J’ai traversé les douleurs de l’enfantement.
Je me suis sentie fière et courageuse. Ce n’est pas rien ! J’ai planté le drapeau de la victoire. Hourra ! Oh je ne suis pas la seule, des milliards de femmes l’ont vécu avant moi.
Cet accouchement a néanmoins confirmé à Fabien qu’il était très heureux d’être un homme…

A la naissance d’Isaïah, ce fut encore plus profond. Nous avions fait le choix de le vivre à la maison, dans l’intimité (Accompagnés d’une sage femme qui n’est finalement arrivée que 5 minutes avant la fin. Mais c’était exactement ce qu’on voulait.).
J’ai découvert des ressources en moi que je ne connaissais pas et j’y ai puisé. Nous avons vécu, Fabien et moi ce temps d’enfantement, dans une réelle intimité et connexion avec l’Esprit. Lorsque j’ouvrais ma bouche pour louer et proclamer spontanément, les douleurs des contractions étaient atténuées. Alors que j’avais commencé à crier lors des contractions dites de poussées pour Lévi, je me suis mise à rire lorsque celles pour Isaïah ont débutées. Il y avait la paix et la joie. J’ai senti une force en moi, celle d’une lionne. J’ai découvert de nouvelles facettes de mon identité et de ce que je pouvais vivre dans la connexion à l’Esprit.

Quelques mois avant la conception de Lévi, j’avais reçu dans un temps de prière que nous aurions un enfant avec une trisomie 21. Très perturbée, j’avais partagé cette pensée à Fabien. Et nous l’avons refusée. C’était incompatible avec notre foi concernant la guérison. Mais surtout nous n’avions juste pas envie de vivre ça. Ca ne pouvait pas être Dieu qui nous prévenait. Ce n’est pas ce qu’il voulait pour nous !
Puis un bébé s’est installé… et malgré les signes évocateurs durant la grossesse, nous nous convainquions qu’il naitrait en bonne santé. Priant dans ce sens comme si nous avions dit : « Eloigne de nous cette coupe ». Il aurait pu le faire. Et qu’il ne l’ait pas fait ne veut pas dire qu’il désirait le handicap pour notre famille.
Simplement, avec le recul, nous savons que notre foi n’était pas solidement établie et que nous n’étions pas convaincus d’une naissance en bonne santé. Nous voulions l’être. C’est différent.

Alors est venu le temps des douleurs, suite à l’enfantement. Pas de péridurale possible pour les éloigner. Ca aussi, il aurait pu le faire. Libérer une joie surnaturelle et anesthésier la douleur, comme si tout allait bien.
Mais ce qu’il veut c’est que l’on apprenne à trouver en Lui le chemin qui mène à cette joie. A découvrir les ressources qu’Il est lui-même en nous. Sa force, sa paix, sa joie dans les combats. Comme je l’ai moi même vécu pour mon dernier accouchement. Sentir le feu de l’épreuve mais les vivre en riant et avec sérénité…

C’est « dommage » mais aujourd’hui, vous comme moi, je suppose, apprenons et grandissons aussi (et surtout même) confrontés aux défis, difficultés, combats…
Au travers de ceux que nous avons traversé jusqu’ici, nous avons appris à mieux le connaître et à mieux nous connaître.

Dieu aurait pu guérir Lévi lorsqu’il était dans mon ventre. Ça n’a pas été le cas. Mais ça ne veut pas dire que ça ne le sera pas.
Il aurait pu guérir Lazare avant qu’il ne meure. On aurait pu croire que c’était « trop tard ». Les gens ont peut-être pensé que Jésus ne voulait pas le guérir, sinon il aurait fait en sorte d’arriver à temps. La suite nous montre que quelque chose de « plus grand » aux yeux du monde s’est produit.
Il en sera de même pour Lévi !

S’il était né en bonne santé, nous n’aurions pas eu à vivre tout cela. Mais ce qu’il a forgé en nous au travers de cette épreuve est sans aucun doute plus grand que ce qui se serait construit en « éloignant » l’épreuve et la douleur de nos vies.

Oui, dans la vie, contrairement à l’accouchement, on a rarement le choix. L’épreuve s’invite dans nos vies et il nous faut apprendre à faire avec.
Mais je sais que nous pouvons les vivre différemment.

Pour Laël, plutôt que des les affronter, j’ai préféré les anesthésier. Cela peut vouloir dire de faire comme si je n’en souffrais pas, les cacher, les ignorer, me convaincre que tout va bien.
Pour Lévi, je les ai affrontées. Dans la souffrance et les cris. Mais je les ai vaincues. Et j’en suis ressortie grandie.
Pour Isaïah, je les ai affrontées et gérées, bien plus ancrée en Lui. Il y avait de l’intensité et de la douleur mais surtout sa force, sa joie et sa paix qui prenaient le dessus.

Il y a autre chose que j’ai découvert au travers de ce dernier accouchement, tout naturel, à la maison. La sage femme m’avait dit quelques jours avant de ne surtout pas pousser. Rien à voir avec ce que l’on voit dans les films ou ce que l’on entend dans les structures hospitalières : « Pousseeeeezzz »…
Lorsque l’on choisi la péridurale, nous sommes obligées de pousser. Tout simplement parce que l’on ne ressent pas les contractions et que le corps en partie endormi et mal positionné ne peut plus laisser la nature faire et permettre au bébé de descendre « tout seul ». Il y a besoin qu’on y mette du notre et nous n’avons pas le choix que de « forcer » la descente. Cela demande beaucoup d’énergie car le timing n’est pas toujours le bon. S’en suivent souvent de plus grandes déchirures. Parfois même, il y a alors besoin de ventouses ou de forceps pour donner un coup de main.
N’en est-il pas de même dans nos vies parfois ? Nous forçons, nous poussons, nous essayons de nous en sortir par nous-mêmes. Nous y mettons plus d’énergie que nécessaire, nous nous épuisons. Nous provoquons des blessures supplémentaires qui auront besoin de cicatriser ou qui se réveilleront une fois l’anesthésie passée.
Et ma sage femme avait raison, je n’ai pas eu besoin de pousser. C’est le bébé qui a fait son chemin avec l’action du corps qui s’est mis naturellement en mouvement, l’un et l’autre ensemble. Christ est cette vie nouvelle et il fraie le chemin. Nous son Corps n’avons plus qu’à sentir et suivre le mouvement de Sa vie. Sans forcer. Ca ne veut pas dire qu’on ne fait rien et que nous sommes passifs. Respectons juste le timing et sentons et accompagnons le mouvement.

Vivre la vie nouvelle qu’il est en nous c’est comme un accouchement. Les contractions sont comme les épreuves par lesquelles nous passons parfois et qui « travaillent » en nous. Afin que ce soit Sa vie en lui qui émerge de nos êtres.

Pour terminer, vous savez quoi ?
Je crois en une naissance surnaturelle. Il existe des témoignages de femmes qui l’ont vécu et le vivent encore. J’en ai moi même rencontré une. Elles ressentent le travail de l’enfantement, l’intensité de la naissance et les contractions mais sans en vivre les douleurs.
Comment font-elles ? Le travail dans cette « épreuve » (une épreuve n’est pas nécessairement négative) c’est de placer sa foi et sa confiance en Lui. Elles savent que c’est ce que le Père désire pour elle et l’enfant à naître. Qu’il ne veut pas qu’elles souffrent. Comme il l’avait prévu avant.
Pourquoi ? Parce qu’il les aime. Nous aime.
C’est cela. Ces femmes se confient dans Son Amour. Elles savent que tout a été accompli et qu’elles n’ont plus à subir les douleurs de l’enfantement.
C’est comme si elles en étaient tellement convaincues qu’elles disaient à la montagne qui se dresse devant elle : « Jette-toi dans la mer. Je traverserai ce chemin tranquillement… ».

Vivre les épreuves d’une manière surnaturelle c’est le désir pour le reste de ma vie. Restée ancrée en Son Amour qui m’apporte la joie, la force et la paix dans les combats.

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A propos Claire

Avec un couple pastoral pour parents je suis tombée dans « la marmite » quand je suis née. Une grâce incroyable pour moi, entourée de parents zélés et amoureux de Dieu. Je n’ai jamais douté de Son existence et j’ai toujours su que Christ voulait conduire ma vie et que c’était le chemin le meilleur à emprunter. J’ai grandi dans une communauté chrétienne où j’ai énormément découvert sur Lui et avec Lui. Et puis un beau jour de l’année 2009 mes yeux ont commencé à s’ouvrir sur un nouveau chemin que Christ voulait me faire emprunter. Je me sens parfois à contre courant mais reconnaissante de ce que je découvre et vis depuis ! Telle une brebis qui gambade dans les verts pâturages !

7 réflexions au sujet de « Les douleurs de l’enfantement »

  1. TON BILLET QUI TOMBE A PIC (comme d’habitude!!) EST TOUT SIMPLEMENT VERITABLE. Merci Claire. Gros bisous affectueux et au plaisir de vous voir bientot si vous montez en Ile de France

  2. Ouah ! Merci Claire pour ce témoignage, c’est très parlant….
    Quand j’ai accouché, je n’étais pas encore croyante, alors, je n’avais pas assez d’infos pour réfléchir.
    Mais, tout ce que tu dis, c’est trop vrai !
    Je vis les épreuves dans un autre domaine que l’accouchement, mais, c’est vrai, se confier en Jésus seul est le meilleur choix à faire. La victoire est assurée.
    Merci aussi de parler de la différence entre « avoir le conviction » de quelque chose et « espérer » cette même chose. A méditer !
    Soyez bénis, et continuez de croire, quelque chose se passera pour Lévi.
    Le meilleur reste devant vous, et, devant nous.

  3. Merci pour ces belles Paroles de Vie !
    Je ne peux que confirmer… Mère de famille nombreuse, pas une naissance n’est semblable à la précédente, mais un enrichissement que Dieu Lui-même nous accorde pour saisir la  » naissance d’ En Haut  » – qui ne peut pas être édulcorée ou facilitée.
    Nous femmes, nous oublions trop souvent que les douleurs de l’enfantement sont liées à l’oubli de la Parole de Dieu prononcée : c’est la conséquence que Dieu dit à Eve « JE » rendrai très grandes…. Cf. Genèse 3,16. Cela est pour la vie naturelle.
    Je voudrai rappeler le témoignage de Ruth Heflin qui était régulièrement appelée par un médecin obstétricien arabe (non chrétien) avec quelques membres de son équipe, pour venir CHANTER en LANGUES !!! pendant un accouchement difficile ! Non seulement il y en résultait une notable accélération de temps de travail mais toutes les complications disparaissaient.
    Je n’ai pas l’expérience concernant les naissances, mais celui de décès : lorsque les proches du mourant entrent dans la louange et l »adoration EN LANGUES, l’agonie se raccourcit et le départ un GLORIEUX.
    C’est  » l’Éternel qui amène à son terme une grossesse et c’est Lui qui fait naître  » et  » précieuse à Ses Yeux est la mort de Ses Saints  » Cf.Esaïe 66, 6 & Psaume 116

  4. Bonjour, j ai entendu parler de vous par un ami en commun d Hélikia;.
    Merçi pour ce message rempli de vie ! de Sa vie! Quand j ai rencontré Jésus il y a 10 ans paralysée dans la douleur d une maladie orpheline j ai pu me confier dans l assurance de son amour qu Il me guérirait et Il l a fait! Aujourd hui il y a des maladies de l âme de nôtre esprit dont nous sommes nombreux et moi même à souffrir et c est ce même chemin …confiance ..assurance qu Il va le faire! Juste le laisser passer devant..dans la reconnaissance qu Il nous aime tellement! Un jour j ai entendu qu Il me disait ‘ Je ne gaspille aucune blessures » ..Non qu Il les ai voulues non! mais comme un signe ..une cicatrice fermée dont je ne souffrirai plus. pour – comme le guérison physique -être un canal de sa vie pour d autres. Il y a des signes qui vont révéler SA gloire! JE LE CROIS!
    Merçi pour ton message ce matin qui me fortifie énormément.
    Affection en Christ.

  5. Merci pour le témoignage Claire !
    j’accouche dans quelques jours et je vais me fonder sur la Parole de Dieu pour vivre un accouchement surnaturel !
    Amitiés
    Marie

    • Super Marie !
      J’ai de nouveau vécu un accouchement depuis ce témoignage. A peu près identique au 3ème. Les douleurs étaient atténuées.
      Je te le souhaite naturel et sans douleurs mais dans tous les cas, un bel accueil de cet enfant !

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