Lys des Profondeurs

« Je suis le jeune lys de Saron, le lys des profondeurs… mon amour répond et me dit: Lève-toi mon amie, ma belle, et marche ! »

(Cantique des Cantiques 2:1,10 / Le grand livre du Cantique des cantiques de Frank Lalou et Patrick Calame)

Ce Lys des profondeurs peut être le bien aimé ou la bien aimée, tout dépend de notre interprétation du passage. Dans les deux cas, nous sommes conduits à nous trouver dans ces profondeurs.

Le terme « profondeur » en hébreu est une variante très proche de « vallée ». D’ailleurs, la plupart des autres traductions ont opté pour ce dernier terme, synonyme souvent d’épreuves, de souffrances, comme le connu psaume 23 l’évoque avec « la vallée de l’ombre de la mort ».

J’oserai dire que la signification des profondeurs et des vallées met en relief deux facettes d’une seule et même pièce…. Nos vallées sont souvent l’expression extérieure de nos profondeurs intérieures inexplorées, celles où Christ n’est pas encore « vu, entendu ». Une traduction plus exacte des versets 10 et 13 le suggère. En effet : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et marche ! » est littéralement en hébreu « Lève-toi vers toi-même,ma compagne, ma belle, et va vers toi-même. » (CC 2:10, 13, version Chouraqui)

« Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, qui te caches dans les lieux escarpés, fais-moi voir ton regard, et fais-moi entendre ta voix; car ta voix est douce, et ton regard est gracieux. » (CC 2:4)

Notre vie est cachée avec Christ en Dieu (Col 3:3). Si nous voulons découvrir cette nouvelle vie, nous sommes entrainés dans un chemin non balisé, qui est lumière et peut être expérimenté comme ténèbres. Nous ne Le distinguons pas toujours si clairement, Il est un chemin de foi, de confiance vers Celui qui demeure être « le fond », le fondement de tout en nous. Dans ces lieux « escarpés » et cachés de notre être, Lui nous appelle à découvrir notre visage, à faire entendre notre voix. Il est aussi dans nos profondeurs, celles que nous ignorons en nous, et qui génèrent tant d’adversité, d’incompréhensions, de souffrances, de frustrations. Finalement, tout ce lot d’inconnu se projette souvent comme nos propres circonstances extérieures. Et inversement, ces événements éprouvants sont l’opportunité de nous tourner en nous-mêmes, pour y découvrir la voix du Bien-aimé qui éclaire nos profondeurs.

«Lève-toi vers toi même, ma compagne, ma belle, et va vers toi ! » (CC 2:10, 13, version Chouraqui)

« Lève toi vers toi même…. et va vers toi ». Dieu nous pousse à prendre conscience, à nous réveiller de notre identité oublieuse, à se rencontrer nous-même… Il nous attire à travers un mouvement intérieur vers soi, en un lieu d’intimité et de vulnérabilité. Il est en nous un chemin personnel qui est propre à chacun. Et ce chemin intérieur vécu se reflète alors en un chemin extérieur pavé de choix de plus en plus inspirés et/car de moins en moins soumis à la peur.

Le Lys des Profondeurs / Vallées est Sa présence insondable dans nos cœurs qui nous accompagne à traverser nos vallées extérieures. On ne peut pas dissocier l’action de marcher dans la vallée de l’ombre de la mort et celle d’affronter nos propres profondeurs. Les deux sont liées. Et lorsque nous nions ce lien, nous demeurons dans un état de stérilité, sans accroissement de notre expérience de Christ. C’est un terrible gâchis… Ou bien nous rentrons en nos abîmes pour « cueillir » notre Lys*, et nous apparaissons avec Lui comme une Rose* de Saron…

Je vous laisse avec certes non pas la plus littérale mais magnifique traduction de la « Passion Translation » du cantique des cantiques 2:1

« Je suis vraiment sa rose,
  Le thème même de son chant.
  Je suis ombragé par son amour,
  grandissante dans la vallée. »

(« I am truly his rose,
The very theme of his song.
I am overshadowed by his love,
Growing in the valley. »)

* dans CC 2:1, le terme hébreu « חֲבַצֶּלֶת » signifie lys, narcisse ou rose.

4 réponses sur “Lys des Profondeurs”

  1. Merci beaucoup Fabien pour ton article, une vraie mine d’or.

    Bises à vous six 😉

    Miriam

    PS : Merci à Claire pour son article « Trouver la lumière » si excellent 🙂 et pour ton témoignage de « Mon Histoire avec Lévi : Miracle du cœur » si bouleversant 🙂

  2. Merci beaucoup Fabien ! Je suis d’accord avec Miriam, c’est une vraie mine d’or ce billet, si riche, si profond et on en parlait encore ce matin avec Séverine, on n’arrête pas de le relire et d’en extraire les pépites 😉

    Il paraît que le Saron était une immense plaine connue pour être très fertile et du coup, ça m’a fait penser à ce verset qui dit « que  toute vallée soit exhaussée…que les coteaux se changent en plaines » Esaïe 40.4. N’est-il pas merveilleux que dès lors que nous osons « affronter » nos profondeurs, nos vallées intérieures, nous pouvons aussitôt espérer qu’elles se changent en plaines fertiles puisque nous y rencontrons Christ et son Amour qui bannit toute peur et éclaire tout de sa lumière !
    Ces derniers jours d’ailleurs, une phrase revenait souvent dans ma tête, c’était : « lorsque ton coeur s’élargit, tes horizons s’ouvrent aussi ». Et lorsque tu dis que « notre chemin intérieur vécu se reflète en un chemin extérieur pavé de choix de plus en plus inspirés et/car de moins en moins soumis à la peur » cela a vraiment fait écho dans mon coeur, par rapport à cette pensée.
    Que de possibilités, de nouveaux horizons s’ouvrent à nous dans une liberté toujours plus grande, car Son Amour vu, entendu et vécu au plus profond de notre être, nous affranchit de tant de liens et de mensonges !!…

    Alors à chacun, je souhaite une bonne « exploration » des profondeurs, pour se connaître soi-même dans le reflet de la lumière de Christ et aussi pour une appréhension et une exploitation toujours meilleures de notre chemin extérieur !

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